L'acte de peindre :
journal d'un tableau "les quatre imaginations cosmiques"
Aujourd'hui, 23 juin 2009, je viens de commencer une toile dont le thème sera Méditations sur les quatre
imaginations cosmiques de Rudolf Steiner...
Geneviève souhaite que je note au fur et à mesure ma démarche !
J'ai donc pris une vieille toile donnée par Michel Touret, elle est déjà peinte et il faut que j'efface ce qu'il
y avait, un oeil au centre, dessous deux mains qui portent une cible, une larme coule sur cette cible ! C'est naïf, mais bon.... Donc j'ai essayé de recouvrir le tout avec une peinture acrylique
rouge, couleur énergétique de base de cette méditation. En étalant la couleur j'ai senti le besoin de faire des petites volutes signe avant coureur de toute cette énergie qui doit circuler dans
le tableau...
En promenant Grim ce matin 24 juin, j'ai médité sur la distribution des énergies cosmiques et essayer
d'organiser leur mouvement dans le tableau que j'a commencé.
En rentrant j'ai fait une esquisse avec des craies de couleurs.
D'abord je vais présenter le tableau à la verticale puisqu'il s'agit d'une transcendance.le fond (sur la couleur rouge
qui efface) je vais diviser le tableau en deux parties horizontales, l'une sur l'autre ! la plus basse couleur terre brune, représentant notre Terre, au dessus un aplat dans les tons bleus mauve
pour le ciel.
Puis quatre demi sphères viendront s'inscrire au centre de chaque côté. En haut une demi sphère jaune horizontale pour
la St Jean avec des étincelles jaune et rouge qui se déverseront sur la gauche vers une demi sphère verticale rouge, tournée vers la gauche. Une grande langue jaune montera (le dragon)
tandis qu'une verticale très rouge se positionnera au dessus (St Michel et le Dragon). Au dessous de la demi sphère jaune, une demi sphère renversée bleue, avec au centre touchant le côté une
lumière jaune symbolisant les énergies spirituelles qui vont s'incarner, annoncées par Gabriel.
En face de Michel, une demi sphère verte tournée vers la droite de laquelle s'élèveront des flammèches jaunes
symbolisant les énergies spirituelles s'élevant pour la St Jean, c'est la résurrection pascale, la guérison sous la protection de Raphaël le guérisseur. Uriel l'archange de la St Jean sera
représenté par deux ronds bleus intenses (le regard d'Uriel)
Je veux travailler l'ensemble au couteau. Le résultat devrait vraiment symboliser les énergies cosmiques et les
archanges qui veillent. L'espace libéré au centre entre les sphères sera dans des tons rose-orangé pour l'incarnation de l'homme.
vendredi 26 juin, je viens de terminer ce qui sera le vrai fond du tableau, en deux parties significatives du
ciel et de la terre, lieu des échanges des imaginations cosmiques, le tableau pourra normalement se regarder aussi bien à la verticale qu'à l'horizontale, selon les saisons !! Ce fond je l'ai
fait au couteau, couche assez épaisse qui devrait mettre un certain temps pour sécher. Ce qui va me permettre de poursuivre ma méditation concernant le texte de Rudolf Steiner ! Peindre est pour
moi une manière de donner chair à ma méditation. Je me vois en train de peindre, d'organiser les couleurs, la circulation des énergies. Même si pour moi tout est vraiment en place dans ma tête je
sais que le résultat sera différent, ne seait-ce qu'au niveau des couleurs. Au départ je ne savais trop comment j'allais organiser les échanges et puis en refaisant une lecture rapide une
grande clarté s'est fait jour dans mon esprit, j'ai compris facilement l'ordre des choses et leur évidence. Je tournais depuis plus d'un an autour de ce thème et puis tout se met en ordre de
marche, comme pour "la petite randonnée dans les territoires de l'âme". C'est curieux ce cheminement intérieur, presque à mon insu ! Si je m'efface, que je ne force pas les compréhensions, "cela"
s'organise en moi, rapidement, clairement...
Dimanche 28 juin, j'avais un besoin impérieux de placer mes quatre sphères de couleurs sur le tableau. Je l'ai
fait au pinceau, mais cela manque d'épaisseur, il reste trop de place autour de chaque sphère. Il faut que je reprenne le tout au couteau lorsque cela sera sec, et que j'essaye de laisser
beaucoup moins en apparence du fond initial du tableau.
Lundi 6 juillet, je viens de reprendre au couteau les sphères, qui n'en sont plus tout à fait, elles
s'interpénètrent, j'ai pu avec le couteau imprimer un mouvement ascendant descendant, il reste pratiquement plus de fond apparent, si ce n'est aux angles. Je sens ces différentes qui
circulent tout au long de l'année, l'Homme a naturellement trouvé sa place au centre du tableau, comme réceptacle de ces énergies, mais aussi comme écartelé, se laisser vivre intérieurement au
rythme du cosmos. Il me reste à placer trois éléments, symbolisant le dragon, l'épée de Michaël, le regard d'Uriel, et le caducée de Raphaël. Gabriel a déjà trouvé sa place complètement en bas
avec des traces jaunes symbolisant la naissance, Noël !
Mercredi 8 juillet, longue séance cet après midi... J'ai repris les sphères, donner plus de force à la sphère
d'Uriel, placé le regard de l'archange ... La sphère de Raphaël demandait à être plus complexe. J'ai placé aussi le caducée représentatif de "l'archange soigneur". Petite reprise sur la sphère de
l'hiver, plus de mouvement apparent... Le moment venu je placerai les traces d'or de Gabriel, annonce de la naissance.
La sphère de Michaël est celle qui me donne le plus de travail, le dragon de souffre a trouvé sa place... mais il faut
que j'attende que la base soit sèche pour placer la verticale rouge vif représentant l'épée qui maîtrise le dragon.
Et puis le grand X du milieu, l'homme au centre de la création est plus net, plus blanc.
La peinture à l'huile fait se pénétrer plus ou moins volontairement les différentes couleurs et cela me provoque des
réflexions, par exemple la première mouture, j'ai vu les couleurs se mélanger en l'homme. J'ai alors pris conscience que nous vivions la circulation de ces énergies en nous. Aujourd'hui le blanc
est là mais en dessous ça bouillonne. J'aime cette idée de l'épaisseur de la peinture, des couches qui se superposent, après j'oublie, mais je sais que rien n'est au hasard, que la peinture a ses
traces de vie, ses expériences en elle-même. Pour moi, une peinture est vivante, l'organisation de la toile s'impose à moi globalement, mais ensuite il y a un dialogue qui s'établit entre mes
gestes, mes pensées et la toile elle-même, comme si elle avait son autonomie. J'avais été impressionnée par la lecture du "Portrait de Dorian Gray".
Je ne cesse de penser à ce que m'a écrit Geneviève, cette notion de spiritualité. Je ne saurais vivre sans un dialogue
"spirituel" en moi, mais en même temps je suis incapable de m'imposer une discipline, un dogme. Je me trouve très flemmarde dans la conduite de ma vie intérieure, je devrais faire plus
certainement ! Tous les grands maîtres avaient en apparence du moins cette discipline sur eux-mêmes, moi je laisse le temps m'habiter, je ne peux me fixer...
C'est peut-être ce que j'aime dans ce texte de Rudolf Steiner. Il peut apparaître comme dogmatique, mais tout le
mouvement qu'il décrit fait éclater le dogme.
Nous avons en nous ces quatre temps, si nous observons un peu les allers et venues de notre vie intérieure. Parfois
nous sommes en concordance avec l'extérieur, parfois c'est un rythme interne mais qui respecte ces quatre temps... Il me semble le reconnaître en ce qui concerne ma propre création. par
exemple, avant "la petite randonnée" un temps dépressif, de vide, de repli et puis quelque chose en moi surgit, j'agis, la pleine lumière vient, le dragon est vaincu... mais je retourne à un état
de vide.
En peignant ces quatre imaginations je me disais en moi-même que si j'arrivais à accueillir simplement ces différentes
périodes, cela serait simple, productif. Cette façon d'être me rappelle le wou weï du Tchan, le non agir ! mais qui ne veut pas dire le rien faire !
Vendredi 9 juillet, final des "Quatre imaginations cosmiques" . le dragon s'est fondu davantage dans l'énergie
Michaelienne ! j'ai pu placer l'épée, verticale rouge chargée du fer de la Saint Jean !, en dessous l'Archange Gabriel a placé ses ailles en berceau accueillant ainsi le repli des énergies
spirituelles au coeur de l'hiver, annonce de la naissance future, Le caducée de Raphaël est construit de la circulation des énergies, en donnant un peu plus d'épaisseur à l'Homme au Centre des
quatre imaginations cosmiques, j'ai eu envie de glisser un peu de blanc dans la verticale du caducée, compris intuitivement que l'Homme est porteur de ce pouvoir de guérison transmis par
Raphaël le guérisseur ! La cerise sur le gâteau, ce sont les lignes d'or déposées à chaque sphère, symbolisant les quatre archanges. Je me suis rendue compte qu'en filigrane on peut voir le
symbole d'Uranus qui en astrologie représente l'aventure humaine, l'individualité dans toute sa puissance.
Voilà donc traduit dans un acte de peinture :
" Quatre imaginations cosmiques" (Saint-Michel - Noël - Pâques - Saint-Jean) de Rudolf Steiner aux éditions Triades
Par rocheclaire
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Publié dans : peintures
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Vendredi 10 juillet 2009
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10
/07
/2009
17:10
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