CAIRN

    

    Pour une sculpture de l'imaginaire

    un homme hiératique a rassemblé

    derrière sa maison aux limites de la ville

    toutes  les pierres de son jardin

    fixant l'épaisseur du geste circulaire du semeur

    en un socle large et simple.


    Dans cet espace élevé sur fond de verger

    se fondent et débordent tous les possibles invisibles

    ce qui monte du coeur de l'homme secret :

        Pierre volcanique crachée du noyau de la terre

        dans une paume amoureuse des volumes pétrifiés

        dans le temps d'une trajectoire blessée.

        

        De  cette explosion désordonnée

        tout  un pays a pris racines :

            Pierres soutènement des terrasses élaborées

            aux pentes des côteaux

            Pierres aux limites des champs

            dans les palines brûmeuses

            Pierres pour ces habitations intégrées

            dans le gris dominant

            Pierres dans les crânes

            et les visages des femmes

            et des hommes de ce pays.

            

        Pierres pour cette assise de l'inconscient

        que nul ne peut modifier

        sous peine de réveiller le feu enfermé

        au centre de cette plate-forme imprévisible

        derrière une maison aux limites de la ville.

        

        Geste Sacré

        témoignage de la permanence.
       

        Décembre 1978

 

 

LITUANIE

 
    Elle s'appelle Lituanie.

    - ce n'est pas un prénom, c'est un pays !

    Justement, je l'appelle Lituanie.

    Il en est qui vive leurs racines à ciel ouvert

    avec des yeux clairs,

    trouée sur une mer intérieure.

    
            "Quand elle viendra

            fera-t-il gris ou vert dans ses yeux

            vert ou gris dans le fleuve...?"

  
    Lubicz-Milosz lui aussi s'appelle Lituanie.

    
    Moi c'est Bohème !

    Légende ou réalité, moi c'est Bohème

    et vous ?

    
    Elle, je l'appelle Lituanie.

    Avec des cheveux légers,

    soleil délavé au dessus des blés

    qui n'en finissent pas de mûrir,

    un pays en attente, derrière un visage de mystère

    à la limite des sourires et des larmes,

    quelque chose qui se partage presque sans mots, sensibilité,

    tout ce qui paraît quand s'effilochent les brumes.

    

    Je ne sais trop pourquoi celles que j'aime

    sont des pays.

    Nezha plus que le Maroc,  Terre Africaine.

    

    Mais elle,

    je l'appelle Lituanie,

    sonorité des prénoms de femmes,

    Magali, Mélanie, Julie, Lituanie.

    Mais ils chantent comme une plainte

    comme une mélodie

    comme un cri de colère

    comme une douceur d'être.

    

    Nous n'en finissons pas de nous connaître

    de nous reconnaître dans ce malaise :

    existences de femmes, pays oubliés

    dans ce continent Humanité.

    Les voici qui reviennent, présents, désolés

    portant leur identité humiliée.

    

    Pourquoi Lituanie

    malgré tout

    quand je pense mort,

    j'écris Vie ?

     Mai 1978


    

    

    DEPART

    
    Un homme est parti ce matin.

    
    Il a dit :

    - Je marcherai, je marcherai vers le soleil.

   

    Il a la mort pour compagne,

    son frère s'est pendu dans la grange, hier.

    
    Est-il possible que nous l'ayons laissé partir

    sans rien faire ?

    Est-il possible que nous l'ayons laissé se pendre

     sans rien faire ?

    
    Au vilage les genêts ont fleuri

    l'après-midi est chaud, silencieux, un peu lourd.

    

    Nous comprenons toujours trop tard :

    - viens à la maison, entre, parle.

    Trop tard ! son frère s'est pendu dans la grange hier.

    

    Combien faut-il de vies qui se perdent autour de nous

    pour que nous gardions les yeux ouverts ?

    Smmes-nous si endurcis que seule la mort

    ouvre une brèche dans notre indifférence ?

    Et

    comme nous la colmatons bien vite,

    de nos remords d'abord,

    de notre impuissance à changer.

    Nous pensons très vitre encore à nous-mêmes

    et ces petits riens qui nous préoccupent.

    
    Nous n'oublierons pas... et nous oublions

    nous garderons les yeux ouverts

    et

    nous nous endormons.

    
    Un homme est parti ce matin.

    Il a dit :

    - je marcherai vers le soleil.

    Mais il marche avec pour compagne la mort :

    hier, son frère s'est pendu dans la grange.

    
    printemps 1977.

    

     
Par rocheclaire - Publié dans : poésie
Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /2008 10:04

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Texte Libre


DOUCE ET TENDRE AMITIE

liante et reliante
dans cette horizontalité de mots
 - reconnaissance -
savoir que nous sommes de la même essence
du même esprit de la même conduite.

VERTICAL AMOUR
qui me redresse vers les cimes
dans cette relation d'instant absolu
qui m'invite pour le grand voyage
d'accomplissement
au delà de moi-même
à ne plus avoir de référence que Lui
être Un dans le retour



Présentation

Profil

  • : rocheclaire
  • Le blog de rocheclaire
  • : Femme
  • : 13/03/1946
  • : languedoc-roussillon Béziers
  • : curieuse poète zen vivante conteuse
  • : après une vie active très remplie, tant avec la vie professionnelle, associative et familiale, je retrouve du temps à consacrer à mes rêves d'adolescente, l'écriture, la poésie, la peinture, auxquelles s'ajoute la photo, modestement,

Images Aléatoires

  • DSC04170.JPG
  • sculpture6.JPG

Recherche

catégories

Recommander

Créer un Blog

 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus